L’immigration ou Les paradoxes de l’alterité : Tome 1, L’illusion du provisoire PDF

L’artefactualisme différentiel rend la place ontologique à l’idée de naturecultures; pour ces objets dans le monde que la science a condamnés comme étranges, monstrueux ou exceptionnels, ou a simplement essayé d’apprivoiser et d’aller aussi loin que possible, les classant en différences essentielles parce que tout le reste était tout simplement monstrueux.


Trente années d’enquêtes réalisées par le sociologue Abdelmalek Sayad (1933-1998) ont renouvelé l’étude du phénomène migratoire : à l’immigration dans une société correspond toujours une émigration hors d’une autre société. L’une ne peut s’expliquer sans l’autre. Ce premier volume de l’immigration ou les paradoxes de l’altérité montre que la présence d’étrangers dans un espace national est toujours pensée comme provisoire, alors même que la réalité dément cette représentation. La dimension économique de la condition de l’immigré détermine tous les autres aspects de son statut : le travail fait  » naître  » l’immigré mais rend sa présence illégitime quand l’emploi vient à manquer. L’illusion du provisoire se prolonge dans le logement, avec ces foyers qui assignent durablement leurs résidants à un habitat temporaire, Elle se perpétue en fin dans l’idée du retour, qui entretient l’espoir que l’exil n’a qu’un temps.

L’homme dionysiaque de Nietzsche et Hamlet pensent qu’il est ridicule et humiliant de remettre en ordre un monde et un âge qui ne sont plus en commun. Peu importe combien j’essaie, je ne peux pas assimiler le surplus excessif de la proximité de l’Autre. Le flux est considéré comme la condition sine qua non de l’existence, et il est presque universellement codé comme positif.-}